đŸŸ Les animaux ou la nouvelle famille nuclĂ©aire ? (Episode 2/5)

AoĂ»t 7, 2026 | Divers, État du droit

Le sort de son animal de compagnie lors d’une succession : ce qu’il faut savoir

Comme Ă©noncĂ© dans notre premier Ă©pisode, depuis la loi du 16 fĂ©vrier 2015, l’animal est reconnu comme “un ĂȘtre vivant douĂ© de sensibilitĂ©â€. Une avancĂ©e symbolique mais qui ne change pas tout, sur le plan juridique : l’animal reste soumis au rĂ©gime des biens.

ConcrĂštement, qu’est-ce que cela implique ?

Peut-on léguer quelque chose à son animal ?
Non, faute de personnalitĂ© juridique, l’animal ne peut pas ĂȘtre bĂ©nĂ©ficiaire d’un legs (Cf article prĂ©cĂ©dent sur la summa divisio entre les personnes et les biens). Seule une personne physique nĂ©e vivante et viable ou une personne morale peut recevoir un legs.

Peut-on léguer son animal ?
Oui, Ă©tant assimilĂ© Ă  un bien meuble, il peut faire l’objet d’un legs (articles 1002 et suivants du Code civil).

Il peut ĂȘtre lĂ©guĂ© spĂ©cifiquement Ă  un membre de la famille, un ami ou encore une association de protection animale (la liste n’Ă©tant pas exhaustive). Ce serait alors un legs Ă  titre particulier (pour une dĂ©finition simplifiĂ©e : le fait de lĂ©guer par testament un bien prĂ©cis ou une somme dĂ©terminĂ©e Ă  une personne cf article 1010 du Code civil).

Mais si aucun lĂ©gataire (en cas de testament) ou aucun hĂ©ritier (en l’absence de testament) n’a la fibre animale ?

Le dĂ©funt doit avoir en tĂȘte que le lĂ©gataire peut renoncer Ă  son legs (V. notamment Cass. 1re civ., 15 juin 2017, n° 16-21.874). La renonciation Ă  un legs est par ailleurs plus lĂ©gĂšre administrativement qu’une renonciation Ă  une succession.

En l’absence de testament, les hĂ©ritiers dits ab intestat peuvent accepter la succession tout en refusant d’accueillir l’animal. Ils doivent alors organiser soit une remise Ă  un tiers, Ă  une association ou Ă  un refuge.

Dans cette hypothĂšse, plusieurs Ă©lĂ©ments doivent ĂȘtre pris en compte :

  • L’abandon d’un animal est pĂ©nalement rĂ©primĂ© ; (cf Ă©pisode 1 de notre saga)
  • Les hĂ©ritiers ou, Ă  dĂ©faut, la personne qui administre provisoirement la succession, doivent organiser soit :
    • la remise de l’animal à un refuge, une association de protection animale, ou une personne qui l’adopte ;
    • soit, en derniĂšre extrĂ©mitĂ©, son euthanasie par un vĂ©tĂ©rinaire, dans le respect de la rĂ©glementation applicable (relĂšve du droit vĂ©tĂ©rinaire et de la protection animale).

Peut-on organiser sa prise en charge sans avoir d’hĂ©ritier proche ?
 C’est lĂ  que le testament devient un outil prĂ©cieux. Il est possible de :

  • dĂ©signer une personne de confiance pour veiller sur l’animal,
  • lĂ©guer une somme d’argent ou un bien Ă  cette personne, Ă  charge pour elle de s’en occuper (pour une dĂ©finition simple du legs avec charge : le testateur lĂšgue un bien ou une somme Ă  condition que le lĂ©gataire exĂ©cute une obligation prĂ©vue dans le testament cf articles 900-1 et 900-2 du Code civil sur les fondements desquels la doctrine et la jurisprudence ont dĂ©gagĂ© des dĂ©finitions). Dans l’hypothĂšse oĂč le lĂ©gataire ne respecterait pas la condition ou la charge, il pourrait ĂȘtre dĂ©chu du bĂ©nĂ©fice de son legs.

Une solution particuliÚrement utile pour toute personne sans héritier direct, qui souhaite confier son compagnon à un voisin, un ami, ou une structure comme la SPA.

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