Le sort de son animal de compagnie lors d’une succession : ce qu’il faut savoir
Comme Ă©noncĂ© dans notre premier Ă©pisode, depuis la loi du 16 fĂ©vrier 2015, l’animal est reconnu comme âun ĂȘtre vivant douĂ© de sensibilitĂ©â. Une avancĂ©e symbolique mais qui ne change pas tout, sur le plan juridique : l’animal reste soumis au rĂ©gime des biens.
ConcrĂštement, qu’est-ce que cela implique ?
Peut-on léguer quelque chose à son animal ?
Non, faute de personnalitĂ© juridique, l’animal ne peut pas ĂȘtre bĂ©nĂ©ficiaire d’un legs (Cf article prĂ©cĂ©dent sur la summa divisio entre les personnes et les biens). Seule une personne physique nĂ©e vivante et viable ou une personne morale peut recevoir un legs.
Peut-on léguer son animal ?
Oui, Ă©tant assimilĂ© Ă un bien meuble, il peut faire l’objet d’un legs (articles 1002 et suivants du Code civil).
Il peut ĂȘtre lĂ©guĂ© spĂ©cifiquement Ă un membre de la famille, un ami ou encore une association de protection animale (la liste n’Ă©tant pas exhaustive). Ce serait alors un legs Ă titre particulier (pour une dĂ©finition simplifiĂ©e : le fait de lĂ©guer par testament un bien prĂ©cis ou une somme dĂ©terminĂ©e Ă une personne cf article 1010 du Code civil).
Mais si aucun lĂ©gataire (en cas de testament) ou aucun hĂ©ritier (en l’absence de testament) nâa la fibre animale ?
Le dĂ©funt doit avoir en tĂȘte que le lĂ©gataire peut renoncer Ă son legs (V. notamment Cass. 1re civ., 15 juin 2017, n° 16-21.874). La renonciation Ă un legs est par ailleurs plus lĂ©gĂšre administrativement qu’une renonciation Ă une succession.
En l’absence de testament, les hĂ©ritiers dits ab intestat peuvent accepter la succession tout en refusant d’accueillir l’animal. Ils doivent alors organiser soit une remise Ă un tiers, Ă une association ou Ă un refuge.
Dans cette hypothĂšse, plusieurs Ă©lĂ©ments doivent ĂȘtre pris en compte :
- Lâabandon dâun animal est pĂ©nalement rĂ©primĂ© ; (cf Ă©pisode 1 de notre saga)
- Les héritiers ou, à défaut, la personne qui administre provisoirement la succession, doivent organiser soit :
- la remise de lâanimal à un refuge, une association de protection animale, ou une personne qui lâadopte ;
- soit, en derniÚre extrémité, son euthanasie par un vétérinaire, dans le respect de la réglementation applicable (relÚve du droit vétérinaire et de la protection animale).
Peut-on organiser sa prise en charge sans avoir d’hĂ©ritier proche ?
C’est lĂ que le testament devient un outil prĂ©cieux. Il est possible de :
- dĂ©signer une personne de confiance pour veiller sur l’animal,
- lĂ©guer une somme d’argent ou un bien Ă cette personne, Ă charge pour elle de s’en occuper (pour une dĂ©finition simple du legs avec charge : le testateur lĂšgue un bien ou une somme Ă condition que le lĂ©gataire exĂ©cute une obligation prĂ©vue dans le testament cf articles 900-1 et 900-2 du Code civil sur les fondements desquels la doctrine et la jurisprudence ont dĂ©gagĂ© des dĂ©finitions). Dans lâhypothĂšse oĂč le lĂ©gataire ne respecterait pas la condition ou la charge, il pourrait ĂȘtre dĂ©chu du bĂ©nĂ©fice de son legs.
Une solution particuliÚrement utile pour toute personne sans héritier direct, qui souhaite confier son compagnon à un voisin, un ami, ou une structure comme la SPA.
