L'été est arrivé, et avec lui son lot de départs en vacances et malheureusement, son pic annuel d'abandons d'animaux de compagnie.
Chaque annĂ©e, ce sont des dizaines de milliers dâanimaux qui se retrouvent livrĂ©s Ă eux-mĂȘmes sur le bord des routes ou attachĂ©s sur un rond-point, pendant que leurs "propriĂ©taires" partent profiter du soleil.
Un grand classique... que l'on souhaiterait voir disparaĂźtre.
Alors, petit rappel juridique, parce que je suis Avocat en droit de la famille, mais que la famille, ça inclut parfois des compagnons Ă poils, Ă Ă©cailles ou Ă plumes (etcâŠ). Petit point juridique sur la question de l'abandon sauvage d'un animal.
đ Ce que dit la loi
Pour rappel, le droit privé distingue les personnes des biens : il s'agit d'une summa divisio par excellence. Mais au sein de ces deux catégories, des nuances peuvent exister. C'est notamment le cas de l'animal, de compagnie ou non.
En effet, depuis la rĂ©forme du 16 fĂ©vrier 2015 (loi n°2015-177), le Code civil ne considĂšre plus l'animal comme un simple "bien meuble" mais il est reconnu comme un ĂȘtre vivant douĂ© de sensibilitĂ© (article 515-14 dudit Code).
Câest sur ce fondement que la jurisprudence a pu estimer quâun chien est un ĂȘtre vivant, unique et irremplaçable destinĂ© Ă recevoir l'affection de son maĂźtre, sans aucune vocation Ă©conomique, son remplacement Ă©tant impossible (V. Civ. 1re, 9 dĂ©c. 2015, n°14-25.910 concernant une affaire fondĂ©e sur le dĂ©faut de conformitĂ©).
Dans la mĂȘme veine, le Code pĂ©nal punit quant Ă lui l'abandon d'un animal de trois ans d'emprisonnement et 45 000 ⏠d'amende (article 521-1). Trois ans, comme pour certaines violences contre les personnes.
Les trois derniers alinéas de l'article précité disposent en l'occurrence que :
"Est Ă©galement puni des mĂȘmes peines l'abandon d'un animal domestique, apprivoisĂ© ou tenu en captivitĂ©, Ă l'exception des animaux destinĂ©s au repeuplement.
Lorsqu'ils sont commis avec circonstance aggravante, sauf lorsque les faits ont entraßné la mort de l'animal, les délits mentionnés au présent article sont punis de quatre ans d'emprisonnement et de 60 000 euros d'amende.
Est considéré comme circonstance aggravante de l'acte d'abandon le fait de le perpétrer, en connaissance de cause, dans des conditions présentant un risque de mort immédiat ou imminent pour l'animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité."
đĄ Le mot de la fin
Adopter, c'est un véritable engagement et non un abonnement résiliable en juillet-août. Avant de partir, il existe des solutions : pension, famille d'accueil, petsitters... Bref, tout, sauf le bord de la départementale.
Alors non, l'animal de compagnie n'est pas considéré juridiquement comme une personne. Pour autant, il relÚve d'une législation particuliÚre le protégeant.
ArrivĂ©e d’un nouveau membre du Cabinet
AprĂšs le dĂ©mĂ©nagement, place Ă lâaccueil dâun nouveau membre â temporaire â du Cabinet : nous sommes heureux de vous prĂ©senter ClĂ©o ! Originaire de...


